Fort de leur suprématie industrielle et technologique, les nations Européennes ont procédé à la colonisation des nations du Sud. L’émergence de la puissance américaine après la IIème guerre mondiale a amorcé la décolonisation militaire européenne en faveur d’une néo-colonisation économique occidentale. Les systèmes financiers et monétaires sont devenus les principaux outils pour transférer les richesses du Sud au Nord en produisant une distorsion majeure du coût de la vie entre les deux hémisphères. Cette distorsion a entraîné l’effet d’un processus de délocalisation du Nord au Sud de la production des produits, puis des services. Les nations du Nord – qui ont érigé un système de protection sociale – se trouvent depuis confrontées à une perte de productivité et de l’emploi qui se traduit par moins de revenus et plus de coûts sociaux. La limite perceptible des ressources naturelles mondiales et l’émergence visible de nouvelles puissances comme la Chine et l’Inde, qui absorbent la productivité et l’emploi sans véritable système de protection sociale, rend totalement utopique l’espoir d’un retour à une conjoncture durablement favorable pour l’Europe.
Face à cette tendance économique, plus le système de protection sociale est important et plus son risque de faillite l’est également. Le système de protection sociale connait déjà de sérieux déficits dans presque tous les pays occidentaux et son financement menace d’étranglement l’activité des Petites et Moyennes Entreprises. Les nations du Nord sont en passe de subir le sort économique qu’elles ont réservé à celles du Sud, mais dans un système politique qui veut satisfaire une majorité populaire aux valeurs individualistes, aucun politicien ne peut dire une vérité alarmante sans être sanctionné. Ces politiciens ne peuvent donc que nourrir les illusions de leurs électeurs qui refusent de voir la réalité de l’effondrement progressif de leurs moyens et de leurs valeurs. Le repli nationaliste, prôné par le principal parti politique suisse, oublie qu’une Suisse enfermée dans ses frontières ne saurait se suffire de son peu de ressources naturelles. L’arrogance politicienne ne saurait masquer la réalité que la Suisse a plus besoin de l’étranger que l’étranger de la Suisse !
Les déséquilibres financiers et économiques, qui frappent la Suisse en menaçant son avenir, résultent de la déshumanisation des rapports commerciaux entre les nations. Tous les discours internationaux sur les droits de l’homme ou les droits économiques et sociaux n’ont que peu d’effets sur la misère là où elle s’installe. La justice sociale n’est pas un luxe réservé à des nations privilégiées ; la solidarité – expression essentielle de l’humanité – doit se penser de manière globale pour la survie même du système économique mondial. La prospérité durable repose sur l’équilibre des échanges et non sur le déséquilibre des rapports de force appelés à s’inverser. Dans le processus de mondialisation, la condition de l’emploi au Nord dépend de celle au Sud. Or la production des biens et des services est actuellement délocalisée au Sud pour être principalement renvoyée à la société de consommation du Nord entretenue par son système de protection sociale qui suscite un flux migratoire massif du Sud à ce Nord. Il ne peut en résulter aucun équilibre économique, c’est plutôt l’explosion sociale et le chaos politique qui se profilent au bout de cette tendance.
Le Mouvement politique alternatif pour une nouvelle orientation économique naissant à Genève lance cet appel à la conscience de ceux qui se soucie de ce qu’ils vont laisser à leurs enfants. L’heure n’est plus à la croissance mais aux équilibrages et à la stabilisation. Il incombe à chacun de proposer des solutions réalistes et équitables. Sans prétendre résoudre les problèmes à coup de slogans, nous vous invitons à partager vos réflexions pour nous aider à fonder un programme politique crédible et viable en faveur d’une nouvelle orientation économique pour la Suisse dans le monde de demain axée sur les idées suivantes :
- Soutenir la primauté de l’autorité politique sur l’économie ; particulièrement dans le cadre des institutions internationales pour neutraliser les déséquilibres économiques et prévenir les conflits armés par un système d’échanges équitables et de quotas pour la gestion des ressources naturelles limitées.
- Etablir un mode de financement électoral pour éviter les collusions entre puissances économiques et candidats à l’autorité publique.
- Soustraire au maximum l’action politique des démagogies électorales en établissant un mandat de l’exécutif de longue durée non renouvelable avec possibilité de révocation
- Réformer le système financier selon un mode de transparence et d’éthique propice à la confiance et au développement durable.
- Assurer une liberté de commerce dans l’équilibre de l’intérêt public et de l’intérêt privé.
- Mettre en place un système de coaching pour soutenir la solution coopérative face à la délocalisation ou fermeture des sites de production restant sain.
- Rétablir la responsabilité juridique des acteurs économiques et financiers en abolissant l’existence des personnes morales au registre du commerce pour n’admettre que les personnes physiques.
- Rationaliser le système de protection sociale par la lutte contre les abus, par la promotion des valeurs familiales plutôt qu’individualistes, et par la responsabilisation de la société civile en réduisant les prérogatives de l’Etat.
- Mettre sur pied un programme de production alimentaire urbaine. Inciter les ménages à produire une partie de leur consommation alimentaire et énergétique.
- Associer les autorités des grandes religions dans l’activité sociale et économique du pays visant à retrouver des repères éthiques et à désamorcer le conflit des civilisations. Promouvoir la finance islamique comme nouvel atout international de la place financière helvétique.
IMHOF David, Fondateur du mouvement
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